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Straight Outta Perth ferme malheureusement ses portes . Peut-être pas définitivement, qui sait.
Une page se tourne, on remercie tous ceux qui ont participé à cette petite aventure.

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 Sawyer Noah Evans ❯ So you can throw me to the wolves, tomorrow I will come back leader of the whole pack

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AuteurMessage


Je suis à Perth depuis le : 07/01/2015 et j'ai déjà écrit : 89 messages, du coup, j'ai accumulé : 176 points RP. On me dit souvent que je ressemble à : Stephen James.
J'ai : 22 ans et je suis : en B3 littérature. Tu me trouveras : chez moi à Maylands ou dans ma chambre chez les Kappa, et j'aime : les courbes féminines, les peaux sucrées, les yeux de biche. Sur internet, on me connaît sous le pseudo : Jay K. et je crédite : Jay K.


Hellène né sur l'île d'Amorgos. ▲ Situation modeste avec des extras issus de ses activités illégales. ▲ Hétéro. ▲ Mère en prison depuis dix ans pour l'avoir maltraité. ▲ Père inconnu ▲ Fils unique ▲ Rebelle dans l'âme. ▲ Ne fait pas confiance aux femmes. ▲ Ne supporte pas qu'on l'appelle par son premier prénom, Sawyer. D'ailleurs, très peu de gens le connaissent. ▲ Passionné de littérature et notamment de poésie. ▲ Adore la vitesse. ▲ Aime parfois un peu trop l'alcool. ▲ Ne fume pas, ne se drogue pas. ▲ N'est jamais tombé amoureux, n'est jamais sorti avec une fille. ▲ Enchaîne les coups d'un soir. ▲ A un léger accent chantant dû à ses origines. ▲ A un syndrome de stress post-traumatique qui lui provoque des cauchemars régulièrement. ▲ Phobie des baignoires. ▲ Tatoué et percé depuis ses seize ans.



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CARLOS » Bromance. (+)
ASTORIA » Perfect disaster. (-/~)
JUDY » La nana de la bande. (+)
LEXIE » Sexfriend. Surtout sex en fait. (~)
DANIELLE » Double face. (- irl / + sur internet)
TINY » Like a magnet. (-/~)

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NOAH EN RP C'EST :
ASTORIA △ The Blackest Night
JUDY △ Can you save my bastard soul ?
[url=URL]Pseudo △ Titre[/url]



Spoiler:
 

avatar
S. Noah Evans
MessageSujet: Sawyer Noah Evans ❯ So you can throw me to the wolves, tomorrow I will come back leader of the whole pack   Jeu 30 Mar - 0:22

Sawyer Noah Evans

I'm scared to get close and I hate being alone
I long for that feeling to not feel at all
The higher I get, the lower I'll sink
I can't drown my demons, they know how to swim.



 

 

 ❯ FEAT. Stephen James. (Inventé)
Carte d'Identité

NOM ❯ Evans. Le nom de mon père. Ou plutôt de mon géniteur, inconnu au bataillon. Allez savoir pourquoi je porte son nom. Peut-être pour accentuer le fossé entre elle et moi. Ou pour ajouter une énième ressemblance sur la liste de ce que je partage avec lui. Ou peut-être les deux.
PRENOM(S) ❯ Sawyer. Prénom choisi par ma mère. Depuis mes quinze ans, je refuse catégoriquement qu'on m'appelle comme ça. Je refuse en bloc tout ce qui peut venir d'elle. Noah. C'est ma grand-mère qui l'a choisi celui-là. A ce qu'il paraît, ça veut dire "apaisé" ou quelque chose du genre. Bah elle s'est bien plantée.
AGE ❯ Déjà vingt-deux ans que j'suis venu au monde. Vingt-deux ans que j'ai réussi à rester en vie. Bien joué Noah.
DATE DE NAISSANCE ❯ 14 Février 1994. Ou quand le jour de ta naissance est une grosse blague. La fête des amoureux, hein ? Tss, la fête de la connerie ouais.
LIEU DE NAISSANCE ❯ C'est la perle grecque d'Amorgos qui m'a vu naître, petite île préservée des Cyclades.
NATIONALITE ❯ Hellène de naissance, j'ai en plus récupéré la nationalité australienne en arrivant sur le territoire.
ORIGINES ❯ Le fascinant magnétisme de la Grèce coule dans mes veines, se mêle au charismatique et insolent rêve américain, bouillonne d'accents australiens.
SITUATION FINANCIERE ❯ Modeste avec des extras de temps en temps. Bah ouais, je baigne dans des trucs pas toujours très clean.
QUARTIER D'HABITATION ❯ Maylands, dans une petite maison payée avec le fric de mes deals. J'y suis quand je veux retrouver ma bulle, j'alterne avec ma chambre chez les Kappa.
ETAT CIVIL ❯ Célibâtard et je compte bien le rester. Les relations sérieuses, c'est pas pour moi. Toute façon, on peut pas faire confiance aux femmes. Sauf pour une partie de jambes en l'air. Là, elles répondent toujours présentes.
ORIENTATION SEXUELLE ❯ Hétéro. Un trou de sortie reste un trou de sortie.

JOB ❯ Des activités illégales par ci par là. Ouais, j'aime être hors-la-loi parfois. J'ai le goût du risque, la rébellion dans le sang et ça paye plutôt bien.
CYCLE & ANNEE D'ETUDES ❯ Undergraduate B3
CURSUS MAJEUR ❯ La littérature, pour moi, c'était comme une évidence. Les livres ont été ma bouée de sauvetage, mon point d'ancrage, quand j'étais balloté dans les flots des coups de ma mère. C'est une vraie passion pour moi, et l'écriture en a découlé le plus naturellement du monde. Par contre, pas question que quiconque le sache. J'ai une réputation à tenir. Et ça serait m'exposer de façon trop profonde. Ca serait dangereux. Alors, je garde ça pour moi. Et c'est très bien comme ça.
CURSUS MINEUR ❯ Aucun, les cours c'est déjà chiant, faut pas pousser non plus.



My own way

KAPPA DELTA PI depuis 03 ans.

Si j'ai décidé d'intégrer les Kappa, c'est avant tout pour prouver à ma mère que j'étais capable de m'investir, que j'étais pas un minable, que je pouvais vivre en société malgré mes différences. Du coup, les gens sont surpris quand ils apprennent que je fais partie d'une confrérie, parce qu'on s'attend à ce que je joue les solitaires luttant contre le système. Mais être un Lambda, ça aurait été le cliché du gars qui n'aime pas les stéréotypes, de celui qui ne veut pas rentrer dans une case. Je déteste qu'on me juge sur mon apparence, mais je sais que je suis immédiatement catalogué. Autant aller à l'encontre de ce que pensent les gens. Et si en plus, je peux en mettre plein la vue à ma mère, c'est encore mieux. Les Kappa, c'était l'évidence. Parce qu'ils sont plus libres que les autres confréries. Parce qu'ils ne sont pas toujours fourrés les uns avec les autres. Chacun fait sa vie, et ils se rassemblent pour les événements. Pas d'intégration. Puis malgré tout, une attache. C'était parfait pour moi.

C'est pas comme si j'avais besoin d'avoir un bizutage pour faire des conneries histoire d'emmerder les autres et de rigoler, mais je dois admettre que je m'en suis donné à coeur joie. Me balader à poils dans le campus. Glisser des criquets dans le bureau d'une prof. Et j'ai fait des trucs plus gros, plus fun. J'ai fait rentrer deux chèvres dans les cuisines de l'université, et j'ai balancé un nid de guêpes par une fenêtre, en plein cours de droit. Ca a été un joli bordel. J'ai aussi détourné une manifestation jusque sur le campus. J'ai incité les gens à me suivre, ils ont tout foutu en l'air, j'étais fier de moi. Une chose est sûre, le nom Evans n'est pas inconnu dans le bureau du doyen.


More about me

 
01 ❯ Ma mère est en prison depuis que j'ai douze ans. Soit dix ans d'incarcération cette année. Joyeux anniversaire, maman.  02 ❯ J'ai subis les maltraitances de celle qui m'a donné la vie, et ce, depuis mes premiers mois d'existence. Elle ne supportait pas mes pleurs, aussi rares étaient-ils. Du coup, elle me secouait, en espérant que ça me calme. Quand j'ai grandis, j'ai eu droit à tout, du lancer d'assiettes aux coups divers et variés, des humiliations, jusqu'à quelques légères tortures. 03 ❯ Apparemment, je ressemble trop à mon père. Je suis son portrait craché, d'après ma mère. Et c'est pour ça qu'elle me fait payer chaque seconde où je respire. 04 ❯ Je ne le connais pas d'ailleurs. Ni lui ni sa famille. Ma mère a prétendu ne pas savoir qui c'était un jour où je lui ai posé la question. Mais je m'appelle Evans, pas comme elle. Je sais que ce nom me vient de mon père. Du coup, elle a avoué qu'il ne voulait rien savoir de moi, que c'était une erreur. Que j'étais une erreur. 05 ❯ J'ai été placé en foyer quand ma mère s'est fait arrêter, le soir où je suis allé me réfugier chez les voisins pour échapper à une de ses crises d'hystérie particulièrement violente. Ca a été une période très difficile. 06 ❯ Puis j'ai été baladé de famille d'accueil en famille d'accueil, parce que dès mes quinze ans, j'ai commencé à me rebeller, à ne plus tolérer aucune autorité. J'étais devenu incontrôlable. 07 ❯ Parfois, j'aime un peu trop la bouteille. La seule qui sache me faire oublier ma pathétique existence. Je bois, plus que de raison. Parce que je me sens mieux quand ma vue est aussi trouble que mon passé. 08 ❯ Par contre, je n'ai jamais touché à une cigarette. L'odeur m'insupporte. Et à la drogue que je vends non plus. 09 ❯ A cause de ce que ma mère m'a fait subir, je n'ai aucune confiance envers les femmes. 10 ❯  D'ailleurs, les relations que j'ai avec elles se résument en un seul mot : sexe. Pas d'attache, pas de problème. 11 ❯ Je ne suis jamais tombé amoureux, et je ne suis jamais sorti avec une fille. A quoi ça sert ? L'amour, c'est pour les faibles. C'est pour ceux qui aiment se faire détruire, en donnant les meilleures armes à l'autre. 12 ❯ Je suis incapable de donner de la tendresse. J'ai un gros problème avec le contact physique dès que ça implique des sentiments.13 ❯ Mes nuits sont rarement tranquilles. Je fais régulièrement des cauchemars qui me replongent dans le passé. Je suis également incapable de mettre les pieds dans une baignoire. Leur simple vision suffit à me mettre dans tous mes états. 14 ❯ J'ai commencé à me faire tatouer et percer l'année de mes seize ans. Maintenant, mon corps est presque entièrement recouvert, et j'ai plusieurs piercings. C'était pour moi une façon de me rebeller, de provoquer ma mère qui déteste ça, sa famille, mais aussi de m'exprimer. Mon corps est un peu devenu la toile de ma vie. 15 ❯ Pendant mon temps libre, je flirte parfois avec l'illégalité. J'ai beaucoup dealé étant plus jeune, et je continue encore parfois, mais moins souvent. J'aime également beaucoup la vitesse. 16 ❯ J'ai un casier judiciaire déjà bien rempli, avec plusieurs arrestations au compteur. 17 ❯ Je suis un grand passionné de littérature, de poésie notamment. Mais ça, très peu de gens le savent. C'est ma bulle, et je ne laisse personne y rentrer. 18 ❯ J'ai l'habitude de me pincer l'arête du nez quand je suis particulièrement agacé, de passer la main dans mes cheveux quand je suis nerveux ou sur la nuque quand je suis gêné. 19 ❯ Je déteste qu'on me juge sur mon apparence. Pour faire court, j'ai autant de tatouages que de cicatrices. Et si je ne parle jamais de mon passé, il est exposé aux yeux de tous en quasi permanence. Joli paradoxe. 20 ❯ Je parle avec un léger accent chantant différent de ce qu'on entend ici, récupéré dès mon plus jeune âge à cause de ma mère qui me l'a gentiment transmis lorsque j'ai appris à parler.


 
I'll tell you my story

 
Pour tout le monde, j’étais le petit garçon au regard triste. Quand tous les autres jouaient dans la cour de récréation, je restais dans mon coin sagement. Je savais que si je me faisais mal, si j’abîmais mes vêtements ou mes affaires, j’en prendrais plein la tête une fois rentré à la maison. Ma mère a toujours trouvé n’importe quel prétexte pour se défouler sur moi. Ma tête ne lui revient pas. Tellement, qu'elle s'est lâchement enfuie d'Amorgos deux mois après ma naissance. Elle était en conflit perpétuel avec ses parents, alors elle s'est tirée. Et pour faire les choses bien, elle a carrément changé de continent, pour mettre un maximum de distance entre eux et elle. Direction les Etats-Unis, San Diego plus précisément. Elle avait une tante là-bas, elle l'a aidée parce qu'elle ne savait pas trop parler anglais. On y est resté jusqu'à mes trois ans, puis on a déménagé encore une fois. Nouveau continent, pour la deuxième fois. Pourquoi aussi loin ? J'en sais rien. Ma mère est douée pour fuir. On a posé nos valises à Perth, sur la côte occidentale. Cette fois, on y est restés. Elle aurait mieux fait de m'abandonner à la naissance. Parce que même si elle m'a dit que mon père l’a laissée tomber à l’annonce de la grossesse, elle avait espéré que je lui ressemblerais à elle. Elle avait espéré une petite fille. Loupé. Alors elle m’en veut, elle a perdu son grand amour par ma faute. En plus de ça, je suis le portrait craché de celui qu’elle déteste désormais. Et pour couronner le tout, je suis né le jour de la saint Valentin. Honnêtement, je crois qu’il est difficile de faire mieux pour être détesté.

- Tu comprends vraiment rien, t’es comme ton père, j’en ai marre de toi ! Je te supporte plus !

J’ai trois ans. Recroquevillé dans un coin de ma chambre, les bras comme bouclier pour tenter d’amortir les mains de ma mère. Il est 16h. Je jouais au ballon dehors, mais j’ai trébuché et je suis tombé, m’écorchant le genou au passage. Ce jour-là, j’ai compris que ma mère n’était pas comme les autres. Elle n’était pas de celles qui font un bisou magique quand on se blesse, ni de celles qui ont des bras réconfortants. La mienne ne séchait pas mes larmes. Et je finirai par me faufiler en silence dans la salle de bains pour me débrouiller tout seul.

J’ai toujours été différent, et dans ma volonté de me faire le plus discret possible, je me faisais, au contraire, bien plus remarquer que n’importe qui. Parce qu’un enfant, ça crie, ça joue, ça remue. Ca a les yeux qui pétillent, un sourire extra-large. Mes sourires à moi se faisaient rares et se résumaient à deux petites fossettes sur les joues. Je me suis vite découvert une passion pour les livres. C’est dingue comme des mots couchés sur du papier peuvent faire voyager. Mais ça non plus ça plaisait pas à ma mère, elle disait que c’était une perte de temps. Sauf quand elle parlait de moi aux autres. J’étais subitement son trophée qu’elle exposait, parce qu’un garçon qui lit, c’est rare, parce que j’évitais les bagarres, parce que j’étais calme, obéissant, intelligent. Le tissu habituel de mensonges qu’elle servait aux gens. Ca lui servait de couverture, elle passait pour la maman aimante en adoration devant son fils unique. Quand elle m’adressait la parole à moi, le discours était tout autre : j’étais un minable, un bon à rien, stupide, idiot, inutile, un poids qu’elle devait se traîner, qui lui avait gâché sa vie, qui l’empêchait d’avancer.

- Dis maman, aujourd’hui à l’école on a parlé du travail des papas. Pourquoi j’en ai pas moi ?
- Parce que c’est la vie Sawyer. Il y a des gens qui ont des papas et d’autres non. Toi, tu n’en as pas.
- Oui mais pourquoi ?
- Tu m’agaces avec tes questions.

Le regard qu’elle pose sur moi me fait taire immédiatement. Cinq ans déjà.


Si au début, les coups qu’elle me portait étaient « conventionnels », elle a vite débordé d’inventivité. Parfois, elle m’attachait à une chaise, m’empêchant de bouger, ou elle m’enfermait dans un placard. Pendant ce temps, elle partait faire les courses. Elle me lançait des objets, et j’ai vite compris qu’il valait mieux éviter de les esquiver, sinon ils devenaient de plus en plus gros. Et puis ça la calmait plus vite. Mais je crois que son jeu préféré, c’était remplir la baignoire d’eau glacée, de me déshabiller, et de m’y plonger dedans. Elle m’attachait les poignets au robinet, elle déversait son hystérie sur moi, et elle s’en allait, me laissant trembler parfois pendant plusieurs heures. Quand elle jugeait que j’en avais eu assez, ou que sa colère était retombée, elle revenait me chercher, comme si c’était parfaitement normal. Il faut croire que pour moi, ça l’est devenu. Si mes tatouages recouvrent les marques blanchâtres sur mes poignets, pour moi, elles sont toujours aussi visibles qu’à l’époque.

- Votre fils a une fracture du poignet. Vous êtes sûre qu’il est tombé dans les escaliers ? Il n’a pas d’autres blessures pourtant.
- Evidemment que je suis sûre ! Qu’est-ce que vous insinuez ? Non mais franchement !

La voix de ma mère, sèche et froide, résonne dans la pièce stérile pendant que l’infirmière s’active. Assis sur le lit aux draps parfaitement blancs, je baisse la tête et fixe mes pieds qui ne touchent pas le sol. Ce matin, je suis ressorti des urgences plâtré. Elle m’a tordu le poignet tellement fort qu’elle a fini par le briser. C’était le prix à payer pour avoir cassé un verre qui m’a glissé des mains. En sortant du bâtiment, son ton est menaçant.

- Si jamais j’ai des problèmes à cause de toi, tu vas le payer cher, Sawyer, je te préviens.

Elle me jette dans la voiture, et avant de fermer la porte, sa main vient se heurter à ma joue. Le choc ne me surprend plus. La douleur paraît moindre aussi. Je commence à m’habituer. Néanmoins, je mords l’intérieur de mes joues pour empêcher les larmes de couler. Parce que sinon, je sais que ça sera pire qu’une simple gifle. J’ai sept ans.


On n’a pas toujours été que tous les deux, ma mère et moi. Sa famille venait parfois nous rendre visite, ou bien on allait chez eux en Grèce, pour les vacances, Noël, ce genre de choses. Ces périodes étaient mes préférées, parce que je pouvais souffler un peu. Mais c’était aussi dans ces moments-là que j’étais le plus triste. Ma mère se tenait à peu près tranquille. Il ne fallait pas qu’on remarque ses accès de colère. Je savais que c’était de courte durée, et ça me rappelait un peu trop que c’était ça, la vraie vie qu’on devait avoir. Pas le supplice que j’endurais. Depuis que ma mère est en prison, je n’ai plus tellement de contact avec eux. Je les évite. Parce qu’ils me rappellent mon enfance. Du côté de mon père, c'est simple, je ne connais personne, et personne ne me connaît. Au moins, ça évite les problèmes.

Je me sens courageux aujourd’hui, et maman a l’air de bonne humeur. Je peux peut-être lui demander une nouvelle fois pour papa.

- Maman, je crois que je suis assez grand pour savoir maintenant. Tu sais, pourquoi j’ai pas de papa comme les autres.

Instinctivement, je me contracte et je ferme les yeux. Je l’entends soupirer.

- Je ne sais pas qui c’est, ton père.

Sa réponse me perturbe, mais je ne suis pas si bête. J’ai parlé avec les copains à l’école, je sais qu’elle me ment. Elle sait forcément qui il est.

- Mais pourtant, c’est son nom que je porte, non ? Evans. Tu t’appelles pas comme ça toi.

Mon audace va loin aujourd’hui. Peut-être un peu trop. Mais c’est le risque à prendre. Je veux savoir. Elle me fixe, et je sens qu’elle a compris. J’ai grandis sans qu’elle le voie. A ses yeux, je suis toujours le petit garçon sans défense sur qui elle se défoule quand elle est en colère. Pourtant, le temps a passé. Et elle vient de s’en rendre compte. Je n’étais cependant pas préparé à la claque qu’elle m’inflige quand elle reprend la parole.

- Je suis tombée enceinte à dix-sept ans, c’est jeune. Ton père ne voulait pas de toi. Tu n’es rien pour lui, il ne veut rien savoir de toi, alors tu devrais en faire autant de ton côté. Ca vaut mieux pour tout le monde Sawyer.

J’ai dix ans.


A l’école, j’étais plutôt doué. Ce n’est pas comme si j’avais le choix de toute façon, mais j’avais d’excellents résultats. J’étais sage, toujours devant à écouter les professeurs. Aujourd’hui, ça a bien changé. Au lycée, ça a été la catastrophe, je me suis fait renvoyer un nombre incalculable de fois à cause de mon comportement. Avoir les fesses posées sur une chaise toute la journée m’ennuyait au plus haut point. Mais mes notes m’ont permis d’avoir une bourse pour l'UWA, même si c’était dans ma période de rébellion, je me suis donné les moyens d’avoir la clé de ma semi-liberté. Et maintenant que j’y suis, c’est une autre histoire. J’ai conscience de mes très bonnes capacités, c’est pourquoi je me permets de sécher les cours, ou de ne pas écouter les profs. Le seul cours où je me tiens tranquille, c’est la littérature.

Douze ans. J’ai ramené une mauvaise note aujourd’hui. Je sais qu’elle ne me le pardonnera pas. Je l’attends en bas des escaliers avec une petite pointe d’appréhension au creux du ventre. Son humeur quand elle passera la porte est déterminante pour la suite de la soirée. J’entends le moteur de la voiture ronronner, ses pas dans l’allée. Mon petit cœur dans ma poitrine tambourine. La porte s’ouvre à la volée. Oh-oh.

- J’en ai plus que marre de ce boulot de merde !

La feuille de papier se froisse légèrement entre mes mains alors que mon pied se pose sur la marche derrière moi. Simple réflexe, je sais déjà que je ne peux pas lui échapper. Son regard fou se pose sur moi, je prends mon courage à deux mains.

- Bonjour, maman.
- Qu’est-ce tu fous là toi ? T’as pas des devoirs à faire ?
- Euh si. Je dois te faire signer ça.

Elle s’approche et m’arrache le papier des mains, je retiens mon souffle. Quand ses yeux croisent à nouveau les miens, mon corps frémit. Je vais me faire tuer. Et je ne suis pas certain que ce soit juste une expression. J’ai complètement raté le contrôle de maths. J’avais travaillé pourtant, mais je ne suis pas doué dans ce domaine. Une de mes mains se pose au ralenti sur la rampe. Sa voix tremble, et son visage est déjà déformé par la colère. J’ai tellement l’habitude que ce soit son expression perpétuelle, je me rends compte à cet instant que je ne l’ai jamais trouvée belle.

- C’est quoi ça, Sawyer ?

Elle agite la feuille devant mes yeux. Je soutiens son regard.

- J’ai loupé le contrôle de maths. J’avais révisé, j’te promets, mais j’vais travailler encore plus pour rattraper ça.

Je parle calmement, pas effrayé, un peu nerveux. Avant, je la suppliais d’arrêter quand elle me frappait. J’avais peur, j’étais désespéré. Mais j’ai remarqué que ça n’avait pour effet que d’augmenter les coups qui pleuvaient sur moi. Depuis, je ne dis plus rien. Depuis, je n’ai plus peur. Je subis, ça tombe, puis ça s’arrête. Je soigne mes plaies. Je retourne dans ma chambre. Je me fais oublier. C’est ça mon quotidien. Soudain, ses mains m’agrippent et me secouent brutalement.


Elle a beau être une femme, elle a de la poigne, et je n’ai jamais osé tenter de retourner sa force contre elle. Ce soir-là, maman est rentrée du travail particulièrement en colère. Ce soir-là, elle m’a frappé tellement fort que tout mon corps était meurtri. Le sang ne s’arrêtait plus de couler. Et quand elle a glissé sur la petite flaque qui s’était formée au sol, j’ai saisi ce que je pourrais appeler la chance de ma vie. Je me suis dérobé à son emprise, j’étais déjà à bout de souffle, mais j’ai couru. J’ai ouvert la porte, traversé la rue, et tambouriné de toutes mes forces  chez les voisins, alors que de derrière moi s’élevaient les cris assourdissants de ma mère qui hurlait mon prénom en boucle. D’ailleurs, c’est en partie pour ça que je ne supporte plus qu’on m’appelle Sawyer.

A peine la porte face à moi s’est ouverte que je me suis engouffré à l’intérieur, ma mère à ma poursuite. Les évènements qui ont suivis se sont déroulés si rapidement que c’est à la fois trouble et parfaitement clair dans ma mémoire. La stupeur du voisin, les pleurs de sa femme, les regards inquiets de leurs enfants. Les supplications de ma mère. Les sirènes des policiers. J'ignore encore pourquoi elle est restée, au lieu de s’enfuir. Peut-être qu’elle se rendait compte qu’elle ne reverrait plus jamais son défouloir préféré.

- Sawyer, je suis tellement désolée ! Oh mon Dieu, je ne voulais pas ! Je suis désolée !

Elle, à genoux, effondrée au sol. Moi, debout, la tête haute. Ses excuses ne me touchent pas. Je ne ressens strictement rien, si ce n’est la douleur qui pulse dans mon corps. La roue tourne, maman. Tu n’arrêtais pas de me le dire. Pour une fois, tu avais raison. Mes yeux clairs se fixent sur celle qui m’a à la fois donné la vie et failli me l’enlever. Elle est mon opposée. Et l’espace d’un instant, même si j’en voulais à mon père de m’avoir abandonné, j’étais heureux de lui ressembler à lui, et pas à elle. Parce que pendant toutes ces années, elle m’a fait croire que j’étais un monstre, un moins que rien. Alors qu’en fait, c’était elle. Quand j’ai croisé son regard pour la dernière fois ce fameux soir, j’ai enfin compris.

Ma mère n’a jamais aimé les tatouages, les piercings ou tout ce qui sortait de l’ordinaire. Pour elle, il fallait rentrer dans le moule, se fondre dans la masse. Ce que j’ai fait durant un peu plus de douze ans. Les habitudes ont la vie dure. Suite à son arrestation, j’ai été placé dans un foyer. J’ai continué à me faire discret. Après tout, c’était comme ça que j’étais. Le gentil garçon perdu dans ses bouquins. Témoigner au procès a été une étape difficile. J’ai dû tout raconter dans les moindres détails, et je craignais le regard des gens. Ceux de la salle, bien sûr, mais aussi à l’extérieur. Parce que désormais, dans le quartier, j’étais Sawyer Evans le pauvre enfant maltraité. Mais ça m’a libéré. On m’a forcé à voir une psychologue. J’ai refusé. Pour la première fois de ma vie, je ne voulais pas me plier à ce qu’on m’imposait. Parce que c’était une femme. Et je me suis senti fort. C’était ça, avoir le dessus. On m’a présenté un homme, et j’ai accepté. Les séances étaient plus douloureuses que je l’aurais cru. Mais salvatrices. Petit à petit, je me suis défait du conditionnement dans lequel j’ai évolué. Je n’avais plus peur d’avoir mes propres idées, mes propres avis. J’ai grandi. Mais je n’ai pas oublié. J’ai commencé à développer des troubles du sommeil quelques mois après. Je me réveillais en hurlant, en sueur, après m’être débattu avec les draps. J’ai également la phobie des baignoires. On ne se demande pas pourquoi, mais il m’est tout simplement impossible de prendre un bain. Heureusement pour moi, les cabines de douches existent. On m’a diagnostiqué un stress post-traumatique. Les séances avec le psy n’ont rien changé. Dix ans après, j’en souffre toujours.

Mais aujourd’hui, Sawyer Evans n’existe plus. Ce petit garçon effrayé, martyrisé par sa mère, ce n’est plus moi. Désormais, je suis Noah Evans. Tatoué, percé, arrogant et excessivement sûr de lui. Mes sourires sincères sont encore plus rares que dans mon enfance. Je suis un vrai connard, mais j’aime ça. C’est ma revanche sur ma vie. Dès mes quinze ans, la transformation a commencé. Je supportais de moins en moins qu’on m’impose des choses. On m’a placé en famille d’accueil, espérant que le cadre et l’ambiance chaleureuse étaient ce qui me manquait. Mais le mal était fait. On ne peut pas combler le manque de quelque chose qu’on n’a jamais connu. Le seul effet que ça a eu, ça a été de raviver ma colère et ma haine envers ma mère. J’ai enchaîné les écarts de conduite, du simple manque de respect au deal de substances illicites. J’ai ramassé une petite fortune toutes ces années, malgré mes nombreuses arrestations. J’ai aussi découvert les effets de l’alcool, les gueules de bois. J’ai commencé à me faire tatouer et percer à seize ans. Une façon de plus de montrer ma différence, d’appuyer ma rébellion. Aucune famille ne me convenait, et pourtant, elles étaient toutes parfaites. Parents amoureux, enfants bien élevés, belle baraque, tout ça. Trop parfaites. A mes dix-huit ans, j’ai réussi à obtenir une bourse pour l’UWA. J’y ai directement intégré une chambre. Adieu le foyer et les familles stéréotypées, même si j’ai été suivi par un tuteur jusqu’à mes vingt-et-un ans. Avoir la majorité a été une libération. Avec l’argent salement gagné et une aide de ma grand-mère, je me suis payé un petite maison, à peine quelques meubles, et me voilà libre. Ma vie s’alterne entre les cours, mes bouffées d’oxygène en solitaire, les fêtes dans lesquelles je me rends, et les filles. Et quand je dis les filles, je veux dire m’envoyer en l’air avec le plus de nanas possible. J’ai appris au fil des années que j’étais très plaisant à regarder, et aucune fille ne me résiste. J’obtiens toujours ce que je veux. Si ma mère est toujours en prison dix ans après, c'est qu'elle a déconné sévèrement en me plantant une lame deux semaines après sa sortie. Apparemment, elle a fait une crise de folie. Une vraie hystérique. Complètement cinglée. Elle est pas près de ressortir. La cicatrice est désormais noyée sous l'encre, mais dans mon esprit, elle sera toujours à vif. De temps en temps, je vais la voir, derrière cette vitre qui nous sépare. C'est pas que ça me fait plaisir, loin de là. J’aime juste lui montrer à quel point c’est moi qui ai le dessus maintenant. Parce que c’est elle qui pleure, et c’est moi qui contrôle. Le revers de la médaille, pas vrai ?


 
Derrière l'écran

 
 Pseudo : Jay K.
 Tu as quel âge ? Vingt-cinq ans, ouais ouais !
 Tu nous as trouvé où ? Je suis un des fondateurs Rolling Eyes
 Et t'en penses quoi ? On a géré hein. C'est mon bébé. Il est beau de fou. Hyper. Et je dis pas ça juste parce que c'est moi qui ai fait le design. Sisi.
 T'as un autre compte ? Lequel ? Pas pour le moment.  :sifflote:
 Tes disponibilités : Tous les jours !
 Un petit mot à nous dire ? J'aime ma team Vans
 Code du règlement : Vous rigolez wesh.


 © Never-Utopia par Koalz

 




The only thing I know is that I am alive

L'ultraviolence de nos valses équivoques, tenter ta pudeur du bout des doigts, les états d'âmes que je provoque, la beauté de tes émois. © Jay K.

La bande-annonce de Noah:
 


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